Adolescente, j’ai rapidement été attirée par le leadership, la gestion de projets et par la philanthropie. Je savais que je voulais faire mon baccalauréat à HEC Montréal lorsque j’avais environ 15 ans. À cette époque, j’avais déjà la ferme intention d’étudier en management, ce qui est plutôt rare. Ce qui m’inspire du management, c’est l’aspect humain qui est pris en considération. Il est possible de gérer de façon positive et constructive des projets, équipes et des individus dans le but de faire «le bien» autour de soi, et non pas seulement dans un but lucratif.
Certains me diront peut-être que c’est naïf de penser ainsi, dans un monde où le capitalisme, la surconsommation et la rentabilité sont devenus partie intégrante de notre système économique et de nos modes sociaux. À cela, j’ai envie de répondre que les théories de la gestion environnementale, de développement durable, et de responsabilité sociale des entreprises sont non seulement abordées par les écoles de gestion, mais elles sont aussi mises en pratique. Voici comment notre expérience de Campus Abroad au Brésil nous a permis de passer, en quelque semaines, de la théorie à la réalité…
En 2010, le Brésil se retrouvait au huitième rang en tant que puissance économique mondiale, selon son produit intérieur brut (PIB). Cet indice démontre donc que la santé financière de ce pays est très bonne. Paradoxalement, son indice de développement humain (IDH) le porte au 75e rang mondial. Cet indicateur tient compte de trois différentes dimensions calculées, soit le niveau de santé des habitants de ce pays (espérance de vie), le niveau d’éducation et le niveau de vie (pouvoir d’achat) des habitants. Il existe au Brésil des inégalités sociales significatives, et l’écart entre ces deux indices le prouve tout à fait. Sur place, j’ai pu constater de mes yeux que malgré la présence de grandes entreprises et d’universités de plus en plus développées, il reste que de nombreuses infrastructures sont à améliorer pour le bien, la santé et la sécurité de la population. De surcroît, le coût de la vie est assez dispendieux comparativement au salaire minimum de 546 réais. Ce sont là des écarts que le gouvernement brésilien cherche déjà à améliorer, nous verrons au fil des années s’ils réussiront à réduire davantage ces inégalités.
Nonobstant ce fait, il va sans dire que les gestionnaires brésiliens font toutefois preuve d’innovation sociale et de créativité. Dans l’état du Céara, où nous avons séjourné, trois entreprises m’ont particulièrement touchée par leur appui aux projets de la communauté : le Sebrae, Ecofor (Marquise) et Coelce. Toutes trois ont fait preuve de responsabilité sociale stratégique en ce qui concerne la gestion des déchets. Les gestionnaires ont été en mesure de surmonter à la fois les problèmes dus au manque de ressources et au manque d’éducation de la population face à la gestion des déchets en bâtissant des programmes d’intervention solides. Chacun à leur façon, ils ont contribué au changement de mentalités dans les communautés brésiliennes, en ciblant des leaders, en développant des plans de communication avec les communautés, en développant des partenariats stratégiques avec d’autres entreprises mais surtout, en ayant une vision de long terme. Un gestionnaire de l’entreprise Ecofor nous racontait que selon lui, les mentalités ont changé dans un horizon d’une dizaine d’années en ce qui concerne la conscientisation face à leur nouveau plan de collecte des déchets.Aujourd’hui, ces trois entreprises nous ont présenté des projets concluants, qui démontraient des résultats positifs, à la fois pour les entreprises et pour les communautés environnantes.
En ce qui concerne plus particulièrement notre plan d’affaires social, développé pour Jericoacoara, ce projet m’a très certainement inspirée. Jericoacoara est réellement un petit bijou sur terre, et la situation environnementale concernant la quantité de déchets produite devient inquiétante. J’espère sincèrement que ce projet social va créer de l’emploi et sensibiliser la communauté ainsi que les touristes à cette question. Évidemment, le projet de compostage débutera à très petite échelle, et ne permettra pas d’éliminer une quantité significative de déchets organiques au départ. Sans oublier que le jardin communautaire, possiblement de 250 mètres carrés, sera très petit et donc, la production de fruits et légumes à court terme sera petite…Mais si ce n’était que le début d’un grand mouvement? Le plan d’affaires social que nous avons écrit inspirera peut-être d’autres idées à la communauté locale par rapport à la gestion des déchets. Je crois que nous avons tous fait ce projet avec l’espoir de changer un peu les choses, dans une perspective durable pour Jericoacoara et pour ses habitants. Camus a écrit : «En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout»… Et nous avons la volonté d’arriver à notre résultat final, c’est ce qui est le plus important.