Danse et culture brésilienne
Depuis que je suis toute petite les arts occupent une grande place dans ma vie. J’ai grandi en pratiquant la danse, le chant, le théâtre, donc quel fut mon ravissement de découvrir le Brésil pays débordant de manifestations culturelles. En effet, grâce aux différentes influences portugaises, africaines, indigènes et autres, le Brésil offre un éventail de styles musicaux et de danse fort intéressant. Lors de notre expérience au Ceara nous avons pu expérimenter quelques facettes de la culture artistique du Brésil et j’ai donc le plaisir de vous faire découvrir à mon tour.
Au Ceara, la danse la plus populaire est définitivement le forrò, puisque c’est à cet endroit qu’elle a vu le jour. Son origine proviendrait du début du 19e siècle où les anglais construisant des chemins de fer dans la région organisaient des «bal for all» s’étant traduit dans la culture populaire par forrò. Cette danse est pratiquée grâce à un trio musical composé d’un accordéon, d’un tambour et d’un triangle jouant des airs rythmés, mais chantant des paroles plutôt nostalgiques. Le forrò est une danse de couple dont le pas de base se veut très simple ; 2 pas en avant, 2 pas en arrière. Par contre, il ne faut pas croire que c’est pour autant facile, car le rythme est assez rapide et les plus expérimentés y ajoutent différents pas et tours.

Lors de notre séjour, nous avons eu l’occasion à quelques reprises d’assister à des soirées de forrò, expérience fort intéressante puisqu’elle nous a permit de vraiment nous imprégner de la culture locale.
Il était intéressant d’observer les brésiliens de tous âges, jeunes, couples plus âgés, familles entières regroupés dans un même endroit pour danser. Je crois que la culture et les valeurs d’un pays s’expriment souvent dans les arts qu’on y pratique et le Brésil n’y fait pas exception. Les soirées de forrò démontraient bien le sens de la communauté et de la famille très présent au Brésil. Nous nous sommes bien amusés à participer à cette parcelle de la vie brésilienne, mais disons que nous avons besoin d’encore un peu de pratique avant de pouvoir maîtriser cette danse avec autant de grâce que les locaux.
Bien que le forrò soit la musique la plus populaire au nordeste du Brésil, on ne peut parler de danse et de musique brésilienne sans parler de samba. Musique officielle du brésil depuis 1930 et symbole du carnaval de Rio, ce style musical a pourtant vu le jour à Salvador de Bahia et est arrivé seulement au début du 20e siècle dans le sud du pays avec une vague d’immigration d’habitants de Bahia à Rio de Janeiro. Cette musique prend ses origines dans la culture africaine angolaise amenée au Brésil avec l’importation d’esclaves africains. Aujourd’hui elle se présente en plusieurs styles entre autres la samba de Roda, la samba de coco, la batucada, la bossa nova.
Elle se danse principalement en solo soit la samba des pieds (samba no pé), mais peut aussi être dansé en couple, mais uniquement de la danse de salon. La samba est une danse qui implique principalement le bas du corps et consiste principalement en de mouvements de hanches, du bassin et des jambes. Il s’agit d’alterner l’appui des pieds d’avant en arrière en s’aidant avec les hanches. On connaît surtout la samba grâce au carnaval de Rio, mais le carnaval et la Samba sont répandus à travers le Brésil. À chaque année, en février, les différentes écoles de samba défilent dans les rues du Brésil affichent des costumes et chars allégorique flamboyants dans le but de remporter le titre de meilleure école. Nous n’avons pas eu l’occasion de voir de nos yeux la splendeur de la période du carnaval, cependant nous avons eu droit à une petite leçon fort amusante.
Enfin, à la frontière de la danse et du sport existe un autre élément important de la culture artistique du Brésil, c’est-à-dire la capoeira. Celle-ci peut être considéré comme un sport, un art martial, ou une danse, mais plus précisément il s’agit d’une lutte chorégraphiée sous forme de danse inventée par les esclaves africains à l’époque de la colonisation. Ces derniers utilisaient le prétexte de la musique et de la danse pour s’entraîner à lutter contre leurs maîtres et même à s’enfuir. Les esclaves se mettaient en cercles et jouaient de la musique pour ne pas attirer l’attention des blancs.
C’est une activité extrêmement physique puisqu’elle a été inventée pour développer force, souplesse, équilibre et coordination. Bien qu’elle est presque disparue après l’abolition de l’esclavage, cet art connaît une reconnaissance depuis les années 70-80 et est en voie de devenir le 2e sport national après le football bien sûr. Lorsque nous étions à Jericoacoara nous avons eu la chance de faire connaissance avec les membres d’une « tribu » de capoeira. Ceci nous a permit de comprendre que la capoeira est aujourd’hui plus qu’un sport, car il enseigne aussi discipline et respect mutuel à ceux qui le pratique.
Pour les mordus de la danse comme moi qui voudrait pratiquer une de ses danses brésiliennes à Montréal, voici quelques adresses :
- Le studio danse Montreal offre Samba et un cours d’entraînement basé sur les danses brésiliennes : http://www.studiodansemontreal.com
- L’école Levanta poeira : http://www.levantapoeira.com/danses.shtml
- La capoeira au Centre Culturel et Arts Martiaux Brésiliens de Montréal : http://www.capoeirabrasileira.com/
Sources :
http://www.brasilbeleza.com/forro.html
http://www.soundsandcolours.com/columns/in-a-nutshell-column/in-a-nutshell-forro/
http://www.americas-fr.com/musique/samba.html
http://www.carnaval-rio.org/carnaval.php
http://www.bladi.net/forum/71275-samba/
