Nous nous attendions tous à une expérience inoubliable, mais jamais d’une telle envergure. On retrouve dans Madikwe 21 camps dont 20 sont des camps 5 étoiles dans lesquels massothérapie, spa et luxe sont des services communément offerts. Le Mosetlha Bush Camp, exclu de cette élite, brille par sa pureté et sa simplicité. Aucune eau courante, aucune électricité ni clôture empêchant les lions, hyènes et autres prédateurs de rôder la nuit dans le camp. Il était d’ailleurs fortement déconseillé de sortir de son hébergement sur pilotis passé 22h, heure du couvre-feu. Le matin du 26, nous étions sans mot et ravis de ne pas être sortis la nuit: seules quelques marches ainsi qu’une clôture d’un peu plus d’un mètre servant de porte nous séparaient de lions se promenant aux alentours.

Le camp écologique est l’initiative de Chris Lucas, propriétaire actuel du Mosetlha. Il s’agit d’une entreprise familiale multigénérationnelle. C’est Caroline Lucas, fille de Chris, qui nous a chaleureusement accueillis au Bush Camp. Nous avons eu l’opportunité d’en apprendre davantage sur la réserve et les défis liés à l’écotourisme au courant d’une présentation donnée par Chris. Ce dernier principe se base sur des fondements socioéconomiques, soit l’intégration de la communauté locale dans les activités économiques et la réduction de l’empreinte écologique. La totalité des camps de Madikwe suit les grands principes de l’écotourisme. Cependant, le Mosetlha Bush Camp se distingue par son plus grand souci écologique par rapport au reste des camps. Par exemple, les hébergements 5 étoiles utilisent quotidiennement la même quantité d’eau que le Mosetlha en un mois. Comment est-ce possible?

Le fait qu’aucune eau courante ne soit disponible sur le site engendre l’obligation d’utiliser l’eau efficacement. Pas question de tirer la chasse d’eau ou de se laver les mains au robinet. Un demi bocal suffit à se laver les mains puis à rincer sa toilette. Pour prendre sa douche, il faut d’abord se munir d’un demi sceau d’eau réchauffé sur le feu puis y verser un deuxième demi sceau d’eau froide. Par la suite, il faut verser le contenu dans un autre bocal servant de réservoir et le hisser au dessus de sa tête à l’aide d’une corde reliée à une poulie. Il ne reste qu’à tourner la valve et apprécier le fruit de son travail. L’effort en vaut la peine!

L’implication de la communauté locale distingue Madikwe des autres réserves. Le parc fut le premier à impliquer à la fois le gouvernement qui gère la réserve (North West Park and Tourism Board), les compagnies privées, comme le Mosetlha Bush Camp, qui gère les tours et les hébergements, et la communauté locale, qui participe aux services offerts dans la réserve. Les membres de la communauté sont également encouragés à partir leur propre entreprise. Le bois pour le feu utilisé au Mosetlha provient d’un entrepreneur de la région, de même que les services ménagers.

Le Mosetlha Bush Camp restera, pour bien des années, un incontournable de l’Afrique du Sud.