Lundi 27 juillet 2016

Après avoir passé 3 jours en safari, fait 5 heures de route et 2 heures de vols, la mythique ville d’Afrique nous attendait : Cape Town. Après un dur réveil pour plusieurs, nous nous sommes dirigés dans la ville de Céres, où nous avons eu la chance de visiter l’usine de production des jus Cérès, aussi disponibles en vente au Canada. Il s’agit en fait d’une marque appartenant à Pioneer Food, un distributeur et fabricant alimentaire d’Afrique du Sud, présent dans plusieurs pays à travers le monde.

Après avoir visité quelques usines durant notre séjour, nous avons remarqué l’importance de la santé et de la sécurité au travail, d’autant plus que les règles canadiennes et québécoises en cette matière soient très strictes. J’ai été surprise de constater que chez Cérès, plusieurs règles de bases n’étaient pas mises en place, causant beaucoup d’incidents de différents degrés de gravité. Par exemple, les sols étaient mouillés presque partout dans l’usine et aucun panneau indicateur n’etait mis en place. De plus, aucune ligne de délimitation des zones dangereuses et des zones piétonnes n’etaient marquées sur le sol. Les seules lignes que j’ai vu étaient presque définitivement effacées. Il y avait même, à l’exterieur de l’usine, un tableau montrant les performances de l’usine en terme de santé et de sécurité et plusieurs semaines étaient caractérisées par un visage triste, implicant une mauvaise performance.

Pioneer Food, en tant que fabricant, œuvre à plusieurs niveaux dans l’industrie des fruits séchés. Ce qui est surprenant est qu’ils ne se positionnent pas très bien sur le plan de la vente en paquet, mais qu’ils sont tout de mêmes des leaders dans le marché. Comment pouvons nous expliquer ceci? En fait, lorsque vous achetez un bagel aux raisins sec chez Tim Hortons, vous contribuez au succès des fruits séchés fabriqués par Safari, appartenant à Pioneer Food. Leur distribution en vrac connaît un meilleur succès que la vente au détail, dû à la forte compétition. Dans les prochaines années, l’entreprise aimerait gagner plus de parts de marché en ce qui a trait à la vente au détail.

En après-midi, de retour à Cape Town, nous avons eu la chance de visiter le Amazon Development Center. On retrouve plusieurs centres de développement à travers le monde, travaillant tous pour la branche Amazon Web Services (AWS) de l’entreprise. Ils travaillent entre autre sur EC2 qui est une application de cloud computing. Mais qu’est-ce que le cloud computing; ce fameux « nuage » que nous avons tous de la difficulté à saisir. L’application permet aux entreprises qui y souscrivent d’octroyer à leurs développeurs des outils simplifiés de développement et ce, étant accessible depuis n’importe quel lieu puisque l’application est sur le net. Je ne savais pas que Amazon œuvrait dans ce domaine puisqu’ils sont beaucoup plus connu pour leur service de vente en ligne.

Nous avons encore une fois été accueillis avec grande générosité par les sud africains. Pizzas et bières nous attendais dans l’air de repos et de dîner. Tous les employés avaient étés invités à cette rencontre informel, nous permettant de poser des questions pour en savoir plus sur l’entreprise, mais aussi sur le pays. Il était parfois difficile de discuter « business » avec des gens ayant une formation complètement différente (l’informatique et le développement web), puisque tous les employés étaient connaisseurs du produit plutôt que du modèle d’entreprise. J’ai trouvé difficile de retirer de cette expérience des points intéressants sur le point de vue économique et business, quoique la rencontre ai été fort instructive au niveau culturel. En effet, jusqu’à présent nous avions passé beaucoup de temps dans des townships à visiter de petites entreprises locales. Cette rencontre nous a permis de voir de grandes différences au niveau du statut social et économique de jeunes issus de milieux complètement différents et ayant plus ou moins le même âge.

Pendant le campus, j’ai entendu plusieurs d’entre-nous (étudiants) dire que l’implantation de grandes entreprises dans des pays comme l’Afrique du Sud où l’emploi est une denrée rare était bénéfique au développement du pays. Par contre, dans le cas d’Amazon, son implantation en sol Sud Africain ne semble pas créer de l’emploi au pays. La majorité des gens avec qui j’ai discuté étaient issus d’autres pays d’Afrique. L’accessibilite à ce genre de formation très technique en informatique ne doit pas être très bonne en Afrique du Sud. Je remet donc en cause le choix de l’Afrique du Sud comme lieu pour leurs bureaux si la main d’oeuvre locale n’est pas qualifiée. Rappelons que le taux de chômage est d’environs 25% en Afrique du Sud et que la création d’emplois est un besoin criant pour le développement du pays. Il reste que ma perception est fondée sur un rencontre très brève, ce qui ne garantit en rien son exactitude. .

Il était intéressant durant cette journée de pouvoir voir les contrastes entre les petites entreprises visitées auparavant à Johannesburg et les grandes, dont Pioneer Food et Amazon font parti. La contribution au développement du pays de Pioneer Food, par l’utilisation de produits locaux et la création d’emploi contrastait avec ce que nous avons vu chez Amazon, qui pourrait certainement avoir plus d’impacts positifs sur l’économie du pays.