C’est un exercice difficile, en fin de semestre, de résumer 4 mois d’échange à l’étranger. Toutefois je tâcherai de faire de mon mieux pour vous faire partager ma vision de ce pays, le Mexique, et de cette expérience !
Arrivée à Mexico city, ou plutôt México DF (Distrito Federal), la capitale, le 2 janvier 2009, je n’avais pas vraiment d’attente spécifique de cet échange. Simplement l’envie d’en découvrir le plus possible sur ce grand pays d’Amérique centrale. Sur son aspiration à ressembler à un État nord-américain, en particulier au grand frère nommé United States of America, son attachement aux valeurs traditionnelles, sur sa population, ses coutumes, ses paysages et sa langue; mais aussi sur son mode d’enseignement, ses craintes en matière d’avenir, et ses atouts.
Commençons par l’aspect académique, l’université : Instituto Tecnológico de Estudios Superiores de Monterrey (ITESM), Campus Ciudad de México. Brièvement, je dirais qu’au-delà du plaisir d’avoir à disposition un campus à l’esthétique très soignée, dans une ville où les températures et le climat sont cléments 90% du temps, suivre des cours de gestion avec un point de vue autre que celui d’un pays « du Nord » fut réellement une expérience enrichissante. Les préoccupations ne sont pas les mêmes, alors il faut essayer d’adopter une autre vision des choses, et surtout être curieux. Être curieux, implique aussi faire partager son expérience avec les étudiants mexicains et avec les professeurs. J’ai profondément apprécié cette ambiance entre étudiants, ce don qu’ils ont de mettre à l’aise les nouveaux arrivants un peu hésitants avec leur espagnol et leurs appréhensions de début de séjour… !
Finalement, en 4 mois, je n’ai définitivement pas eu le temps de couvrir tous les sujets auxquels j’avais pensé. Cependant, j’ai eu l’opportunité de visiter le pays, à commencer par la ville de Mexico. Une ville gigantesque, aux proportions démesurées. C’est d’ailleurs la première image que j’ai eue quelques minutes avant l’atterrissage : une ville sans limites, à 2260 mètres d’altitude comme nous l’avait précisé le commandant de bord. Et j’oubliais : une épaisse couche de pollution pour séparer le ciel bleu azur du paysage urbain de Mexico.
En sortant de l’aéroport, la traversée de la ville en voiture a confirmé cette impression ! Entre les embouteillages, le style de conduite mexicain, (qui, quoique différent, n’est pas plus dangereux qu’un autre, malgré tout ce que l’on peut entendre des touristes étrangers…) et les distances non négligeables pour se rendre d’un bout à l’autre de la ville, autant dire que certains trajets prennent parfois une tournure… épique !
Cette ville donc, regorge de lieux culturels, pour le plus grand plaisir des amateurs d’art (Palais des Beaux-arts), de civilisation aztèque et maya (fabuleux Musée d’anthropologie), de quartiers dans lesquels il fait bon se promener (Coyoacan, Centre Historique,…), de lieux imprégnés d’histoire comme la maison de Leon Trotski par exemple, sans oublier la fameuse basilique de la Vierge de Guadalupe.
Pour ce qui est de l’ambiance, on peut dire que cette ville frappe par son animation à toute heure ! Si les avenues et artères principales sont effectivement bruyantes et un peu « trop » mouvementées au goût de certains, elles n’en restent pas moins vivantes, populaires, et pleines d’histoires ; si l’on est prêt, bien sûr, à prendre le temps d’observer et de s’intéresser à tous ces gens qui vont et viennent, toutes classes sociales confondues. Du businessman accompli, en trottinette électrique la veste sur l’épaule, à la mamie aztèque en robe traditionnelle qui tente de vendre des sacs, tuniques, et autres accessoires artisanaux, en passant par la famille de sortie dans un restaurant thaïlandais du Chinatown de la capitale, les adeptes du voyage seront fascinés par l’hétérogénéité qu’offre ce pays. En outre, comme dans d’autres grandes villes, l’expérience du métro permet aussi de « vivre le Mexique », les voyages étant musicalement rythmés par le passage de vendeurs de disques… Salsa cubaine, reggaeton, rock latino, variété internationale, on ne pourra pas dire que ce n’est pas varié ! Et puis dans son quartier, ou sur ses trajets quotidiens, on rencontre, on échange, et on finit par s’attacher aux personnes que l’on croise, et que l’on intrigue toujours en venant de l’étranger. À la fin du séjour, on n’a pas seulement créé des amitiés dans le milieu universitaire, on a aussi tissé des liens, une forme de complicité, avec ces gens dont on a croisé le regard sur notre chemin.



Évidemment en tant qu’étudiant, on découvre aussi l’aspect « nocturne » de Mexico. Par la même occasion on prend goût aux joies de vivre dans une grande ville, mais on apprend aussi qu’il faut être vigilant, et que, comme toutes les grandes villes, certaines précautions sont à prendre pour éviter les mauvaises expériences et les rencontres peu recommandables…!
D’autre part, avec le « statut » d’étudiant en échange, alors qu’on arrive avec notre soif de découverte et de voyages, on s’accorde quelques fins de semaines à l’extérieur. Pour ma part, ce fut Acapulco la première heureuse élue. Pas vraiment conquise par cette ville qui ne présente aucun intérêt majeur, si ce n’est de profiter de ses plages et de sa « nightlife » chic. À vrai dire, il s’agissait plutôt de se « sociabiliser » avec le groupe d’étudiants en échange…! Deuxième étape, la côte Est avec Veracruz et ses environs, et enfin une virée dans la ravissante Quérétaro, où nous avons été chaleureusement accueillis par nos amis HECéens en échange là-bas !
Quelques semaines plus tard, début avril, il y eut la Semana Santa, (la semaine sainte, comme vous l’avez compris). Durant cette semaine de relâche, j’ai opté pour un tour de la péninsule du Yucatan. Trajet en avion jusqu’à Mérida, puis en voiture pour se rendre aux différents sites touristiques (Uxmal, Chitchen Itza, site de Tulum), villages traditionnels, et certains lieux bordant la mer des Caraïbes, telles que l’île dénommée « Isla Mujeres » ou bien la ville de Cancun… décidément on n’échappe pas ! Retour à Mérida, toujours en voiture, pour reprendre l’avion, direction le Distrito Federal !
D’autres voyages étaient prévus pour la période post-examens, au mois de mai…
C’est alors que, ce vendredi 24 avril 2009, les journaux annoncent qu’une épidémie de « Influenza », plus connue au niveau international sous le nom de « swine flu », ou encore de « grippe porcine », est détectée, et que tous les établissements publics seront fermés jusqu’au 6 mai, en particulier les écoles et universités. Ainsi, à partir du dimanche, les rues ont été quasiment désertées par les Mexicains. Les seuls originaux qui se hasardaient à sortir ne le faisaient que par nécessité, avec comme protection, un masque bleu ou blanc sur le visage.
Une des villes qui bougent le plus au quotidien s’est soudainement retrouvée sous l’effet du sédatif « urgence sanitaire ». Mes derniers jours sous le soleil mexicain avaient alors pris un aspect morose. Pas d’école, pas d’enfants qui jouent dans la rue, une certaine crainte généralisée de sortir de chez soi, la fermeture des cafés, bars, cinémas… Certains vendeurs ambulants qui passaient dans ma rue continuaient tout de même à circuler en criant comme à leur habitude « aguaaa ! » (marchand d’eau), « duuuulce, alegriiiiia !» (marchand de friandises). Cela couronné par une dramatisation de la situation par les medias sur la scène internationale, tandis que le gouvernement mexicain avait déjà pris des mesures préventives au niveau national, et que celles-ci étaient respectées à la lettre par les citoyens mexicains.
Dans un contexte de panique, la plupart des étudiants étrangers se sont vus écourter leur séjour de presque un mois. J’ai du changer mon billet de retour en France pour le 1er mai au lieu du 25, et ai été contrainte de négliger certains adieux.
Alors voilà, à l’heure où j’écris cet article, il me semble que j’ai volontairement oublié une partie de mon cœur dans cette partie du globe, quelque part à Mexico DF. Parce que cet échange a été, par-dessus tout, l’occasion de rencontrer des personnes inoubliables, de se créer des souvenirs que l’on n’est pas prêt d’oublier. Parce que les Latino-Américains ont cette notion de l’amitié qui rend évidentes les valeurs essentielles qu’on a tendance à oublier, et parce qu’on a l’impression d’avoir été adopté par ce pays. Parce que ni les séismes, la pollution ou la grippe n’ont altéré cette vision d’espoir que j’ai de ce pays. Et parce qu’on compte bien y retourner un jour, pour se créer les souvenirs que l’on n’a pas eu l’occasion de vivre en ce mois de mai 2009.